Trompe l'oeil

Huiles sur toile

Chacun des arts a son domaine.

Le sens de la vue étant essentiellement objectif, la description des  choses est le moyen fondamental de la peinture, la peinture à l’état pur, comme l’atteste la pensée célèbre de Pascal.

 

Si l’amateur admire des reproductions dont les originaux le laissent froid, c’est que l’artiste doué ajoute quelque chose au modèle, qui ne sert que de canevas et de stimulant à l’inspiration.

Mais en aucun cas cette inspiration n’est volontaire; à peine est-elle semi-consciente.

Ce n’est qu’après coup et parfois bien plus tard que l’artiste se rend compte de sa réussite ou de son échec.

La qualité artistique ajoutée ainsi dépend du talent de l’auteur et de sa sincérité.

 

Autoportrait
La Joconde impudique
Siphon bleu à la grenade
Bottine au sac de chiffons 1984 -
Fenêtre aux flacons
Fenêtre murée
Rapt 1980 - 97x82
Le chardon
Vanité de la critique
Empilement hyperbolique
Porte à la grappe de raisin
La lanterne magique 2003 - 46x38
Caisses au torchon
La citrouille
Le mannequin d'osier
Volet de jardin
Gravure au ruban bleu "Hommage à Michel-Ange"
Les entonnoirs
Mannequin au 7 de pique
Mannequin à la chaise
Pyramide rouillée
La petite étagère à la boite de rubans
Porte à la gravure
Les masques
Cageot au sac bleu
Placard aux abricots
Marionnette au bilboquet
Marionnette couchée
Le sac
L'étagère aux marionnettes
Mannequin dans la malle
Arlequin aux clefs
Boîte aux rubans
Mannequin au bouchon
Corbeille aux rubans
Marionnette au bocal
Charlotte
La marotte
Caisse aux cucurbitacées
Rubans
Le castelet
La musette - 107x47,5
Roue de bicyclette
Le volet
Niche aux fleurs de cognassier du Japon
Citrouille au torchon
Niche au chèvrefeuille
Niche au chèvrefeuille
Pomme suspendue
Boîte de chicorée
Carton au lacet bleu
Allumettes et rat de cave
Les poids
Thé chinois
Mannequin
Torchon aux gouttes
L'offrande
Le parricide
À Zurbaran "L'adieu aux arts" -Excommunication
Le peintre et son modèle
Mannequin dans la malle

L’artiste peint ce qu’il croit voir et lui confère à son insu la poésie  et la beauté. La peinture contemporaine en trompe-l’oeil ne saurait perdre de son mérite sous prétexte qu’il existe aujourd’hui des moyens mécaniques d’imiter la réalité, pas plus que le cinéma ne dévalue les pièces de théâtre.

 

L’objectivité des primitifs ni la virtuosité des Hollandais ne nuisent à la qualité artistique de leurs oeuvres. La naïveté comme le savoir faire servent à capter la beauté et la poésie qu’aucune mécanique ne peut déceler.

 

La réalité est le principe des choses. Le peintre en trompe-l’oeil exprime, exalte même les caractères par lesquels les choses imposent leur évidence et leur particularité: relief, matière, détails.

 

Les personnes qui ne sentent pas la qualité intrinsèque de la peinture ne manquent pas de demander s’il y a quelque utilité à imiter la réalité avec tant de précision alors que le photographe obtient un résultat satisfaisant en appuyant sur un bouton.

Ces personnes, qui ne connaissent que l’utilité, sont ici en contradiction avec la passion qui les pousse dans les stades où elles s’enthousiasme pour des champions qui n’approchent pas, de loin, la vitesse des machines autant que les peintres de trompe-l’oeil la précision de la photographie.

 

La seule utilité démontrée de la peinture est de protéger les matériaux de la corrosion, comme celle de l’amour d’assurer la continuité de l’espèce . Mais l’art comme l’amour a une fonction agréable qui ne devrait pas craindre la concurrence des machines. Le surcroît d’admiration que suscitent les oeuvres faites de main d’homme par rapport à celles qui sont produites mécaniquement est pleinement justifiée par la sympathie que nous inspire notre espèce, nos concitoyens, nos proches et nous-mêmes.

Cependant, cette sympathie ne dispense pas l’artiste  “d’ajouter à la nature” pourvu que ça ne se voit pas. Toute la définition du réalisme tient dans cette formule.

 

 

À Zurbaran "L'adieu aux arts" -Excommunication

N°134 - Huile sur toile - 1988 - 195X130